(Ce texte publié initialement en 2013 raconte (avec ses maladresses) l’embarquement à bord de l’aventure comme boom opérateur sur ce documentaire tourné entre l’Argentine et l’Uruguay)
Un après-midi ensoleillé en plein centre du quartier de San Telmo, Buenos Aires. Mon colocataire m’avait parlé d’une boîte de production française qui était à la recherche d’un « ingé son » sur Buenos Aires. Cet après-midi-là, la sonnerie Skype avait sonné juste… Un certain Julien Féret est de l’autre côté. AMA Productions, c’est son business afin de produire des films. « Tango Negro », c’est le bébé dont il s’occupe depuis pas mal de temps.
moi : Allô ?!
Julien : Le Tango a des racines africaines !
moi : Ah bon ?
Julien : Oui, enfin on part à la recherche d’indices, de preuves. On va suivre Juan Carlos Caceres, tu connais ? T’es partant ?
moi : non, je connais pas ce monsieur (page Wikipédia ouverte au même instant) Julien : Réfléchis-y !
moi : Ok, on se re-skype bientôt
Déjà tout réfléchi, je fais un feedback à mon colocataire, David, qui, lui aussi fait partie du projet en tant que coproducteur (ImaginadaFilms). Cette idée de documentaire qui avait germé dans la tête du réalisateur, il y a déjà quelques années, continue son chemin en Amérique du Sud après plusieurs tournages à Paris.
C’est le réalisateur angolais Dom Pedro qui est aux manettes de la direction. À ses côtés Julien Féret, plusieurs cordes à son arc : producteur, réalisateur et cadreur (toujours armé d’un stylo 4 couleurs…). J’arrive en 3ème position, en sniper, avec ma perche et mon micro. Notre mission : couvrir Juan Carlos Caceres, qui va creuser les terres d’Argentine et d’Uruguay à la recherche des racines africaines du Tango.
Quartier chic de Buenos Aires, pas très loin de l’hippodrome de Palermo. Nous nous retrouvons tous dans l’appartement de Juan Carlos. David Rubio (mon colocataire et coproducteur), Julien, Dom Pedro, Juan Carlos et sa femme sont assis autour de la table. Nous entamons la conversation. Juan Carlos parle en espagnol, Dom Pedro ne comprend pas tout en espagnol, alors on traduit en français. Julien s’exprime en français mais David ne comprend pas alors on passe à l’anglais.
Bref, même Audiard n’aurait pas pu dialoguer ce brouhaha.
Je finis mon verre de soda puis JCC continue par de grands mouvements à expliquer ses recherches et son travail qu’il exerce depuis 30 ans. À la fois historien, professeur, musicien, peintre, ce monsieur a des choses à dire. Notre réunion se termine, tout le monde a l’air satisfait et moi de même car je pars avec eux.
On reste quelques jours sur Buenos Aires afin de mettre sur bande des plans de la ville et du port. Premier choripán (une saucisse dans un pain) dans le quartier de la Boca, la serveuse comprend un peu le français. On descend une première bouteille de bière… puis une deuxième… je me dis que dans ces conditions-là, le job sera plutôt agréable…
C’est le jour du départ.
Un peu plus d’un mois que j’étais arrivé et je dois refaire ma valise avec le matériel d’enregistrement en plus ! Difficile de trouver du matériel « haut de gamme », à moins de le louer assez cher. Je louerai finalement le matériel de mon colocataire pour éviter de dépenser toute ma paie. (Micro HF de qualité médiocre, perche rafistolée et micro canon d’entrée de gamme). Ce sera avec les moyens du bord et j’en suis ravi, (vraiment)
Je salue mes colocataires, « Pitu » le chien, et retrouve le parc Lezama, fais signe à un taxi, fourre mon barda à l’avant, prends place à l’arrière.
Direction Palermo et au pas de course.
Une dernière virée sur les boulevards du grand Buenos Aires. J’arrive en bas de l’appartement, l’équipe me rejoint… nous voilà repartis en taxi… On arrive à la gare de bus, direction Paraná, province d’Entre Ríos.
Ce sera notre premier stop !
