Bonjour,
Je reviens vers vous, plusieurs mois après la dernière newsletter. Puisque l’on parle de cycle, de son et de temps, nous allons espacer les publications et suivre le cycle des saisons. Tout simplement :)
INSPIRATION — JANA WINDEREN
Cap au Nord avec Jana Winderen, artiste sonore norvégienne qui plonge ses micros dans les profondeurs…
Formée en mathématiques, en chimie et en écologie marine, elle explore les sons des poissons, des glaces, des courants — que notre oreille ne perçoit pas.
Ses œuvres, entre science et poésie, transforment les bruits cachés de la nature en oeuvres immersives, présentés dans des musées, des galeries ou à ciel ouvert.
Sa pièce, The Art of Listening: Under Water, est fascinante. Gros coup de coeur de ces derniers mois.
L’Association Cyclaudio
Pour celles et ceux qui ont suivi mes escapades à vélo à travers la France, j’ai souhaité boucler la boucle en créant l’association Cyclaudio.
Pour s’engager dans la transmission et la découverte du monde sonore, à travers des ateliers pédagogiques et des siestes sonores ouvertes à tous les publics — enfants, seniors, résidents d’EHPAD, et bien d’autres, que sais-je encore ?!
Une manière de valoriser notre patrimoine sonore, de partager des communs, et de cultiver l’art de l’écoute…
(Attention vidéo sans paysages sonores)
Ce voyage à vélo à travers la France, d’environ 4 500 km sur une bonne année, m’a conduit à constituer 10 albums. Leur écoute et leur partage sont libres et non commerciaux, dans le respect de la licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0 International : vous pouvez écouter, télécharger et diffuser ces sons, à condition d’en citer l’auteur (Bibi), sans les modifier et sans les utiliser à des fins commerciales.
Pour soutenir le projet, vous pouvez également les acheter directement sur Bandcamp. Les fonds récoltés permettront de financer de nouveaux projets — et “c’est pas les idées qui manquent” !
CARNET DE BORD — “PORT DU CASQUE OBLIGATOIRE”
Pièce sonore - Sonurbain
par Florent Picollet
J’affronte les sonorités de ma ville, celle qui m’avait désorienté par ses injonctions de vitesse, de compétition et de cadence, cadence, cadence !
Agrippé à mon vélo, oreilles au vent, je pars en chasse : pilonnements, sciages, découpages, raclages, machineries, voix synthétiques, trafic — la ville bat son plein.
J’ai fui — un temps, peut-être ? — cette ville trop bruyante pour mieux y revenir — un temps, peut-être ? — à son chevet.
Je ne pouvait pas rater sa métamorphose. Il me fallait revenir pour mieux la comprendre, pour l’écouter plus attentivement.
Casque (de vélo) vissé sur la tête, je me présente face aux machines du diable, les oreilles en pétard.
Mais quel courage me dis-je!
La ville rugie, c’est une dure à cuire. L’armure se désagrège, dans la douleur mais c’est un mal nécessaire. Je dégaine mes microphones pour en pourfendre le bitume et espérer entendre poindre un soupire…
Dans les veines,
Les artères,
Et les interstices de l’être,
les bruits raisonnent,
Pour faire battre cœur de ville
À l’agonie dans son sang,
Face contre terre,
Et à contre sens,
Calmement, je l’écoute
La métamorphose est en cours,
Silence ! Sur un malentendu, tout peut arriver…
Ravalement de façade généralisé. Changement climatique oblige, elle se maintient sous perfusion, artificiellement vivable, sous cloche, certes, mais sur-vivable tout de même.
Je mets la ville en pièces pour en expérimenter une recomposition.
Une pièce sonore sur la métamorphose urbaine de Lyon.
Lui donner du groove, juste un peu plus de groove.
Une quête des bruits cycliques. Ou peut-être est-ce les cycles qui me poursuivent ? Tout s’enchaîne, tout recommence,…clic..clac… tout s’enchaîne, tout recommence,…clic..clac… tout s’enchaîne, tout recommence…clic..clac…
